Ce sont les efforts de chaque individu qui font avancer la société. Des efforts auxquels il consent librement, et par goût. Par son travail, sa créativité, son inventivité. C’est pourquoi une société prospère et juste doit valoriser ces efforts. C’est valable à l’école, bien sûr, mais aussi dans le monde du travail et, d’une manière générale, dans l’ensemble des politiques publiques.

Concrètement, au niveau scolaire, j’ai rappelé cette conviction à maintes reprises, en particulier durant mon combat en faveur des notes à l’école, et pour la réforme du cycle d’orientation. Je continue de penser que l’école est le lieu qui « élève » l’enfant, le lieu de la transmission bien sûr, mais aussi le lieu où doit se cultiver, chez lui, le goût d’apprendre, le goût de créer, le goût d’inventer. Autrement dit: le goût de l’effort.

Dans le monde du travail, l’Etat doit veiller à récompenser aussi les efforts des individus et des entreprises. Concrètement, cela nous engage surtout à  éviter de combattre la richesse, sous le prétexte de combattre la pauvreté. Au niveau de la fiscalité individuelle, il faut donc que la progressivité de l’impôt doit être maîtrisée à un niveau qui ne dissuade pas les gens de travailler. Il faut aussi éviter les effets pervers de politiques mal concertées: il arrive ainsi fréquemment que, lorsque les deux parents d’une famille travaillent, la hausse d’impôt (cantonal, communal et fédéral) ajoutée au tarif de crèche finit par coûter plus cher que le 2e revenu du couple… Dans d’autres cas, simplement à cause de la progressivité de l’impôt (notamment fédéral), la totalité de l’allocation familiale est absorbée par l’impôt. J’ai supprimé ce type d’effets pervers – qu’on appelle « effets de seuil » – dans la politique sociale au niveau cantonal. Nous devons impérativement nous y atteler d’une manière générale pour préserver les revenus de la classe moyenne.

S’agissant des entreprises, avec le Conseil d’Etat genevois, je prône un taux d’impôt unique de 13%. Cela préservera l’attrait de Genève pour des entreprises très mobiles, à forte valeur ajoutée, et surtout donnera un bol d’air précieux à toutes les entreprises locales attachées à notre canton. Aujourd’hui, pour l’instant, certaines sociétés multinationales bénéficient d’un taux inférieur à celui des entreprises locales. Une situation qui est appelée à disparaître. Nous devons faire en sorte que cela conduise à renforcer notre économie, et non à nous faire perdre près de 40’000 emplois dans le secteur multinational. Je rappelle que ce secteur emploie, à Genève, plus de 55% de collaborateurs de nationalité suisse, d’un niveau de rémunération élevé, ce qui est également très favorable à l’équilibre des finances cantonales.

En matière de chômage et en matière sociale, j’ai toujours prôné la réinsertion plutôt que la rente. C’est le sens de la loi en matière de chômage adoptée par le peuple le 16 décembre 2006, qui a créé de nouveaux instruments de réinsertion, en particulier pour les chômeurs de longue durée. C’est aussi le sens de la loi sur l’insertion et l’aide sociale individuelle, adoptée par le peuple en novembre 2011.

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