Discours prononcé lors de la session du Conseil économique et social des Nations Unies

Mesdames et Messieurs,
Après une journée de travail consacrée aux grands enjeux sanitaires et économiques mondiaux, les autorités de la République et canton de Genève ont l’honneur de vous accueillir pour cette partie plus récréative.
Permettez-moi, au nom du gouvernement genevois, de vous adresser nos remerciements et, simultanément, nos encouragements. Les défis constants du sous-développement, les millions de personnes qui meurent chaque année parce qu’elles n’ont pas accès à l’eau potable ou aux soins les plus élémentaires, et à l’inverse, dans les sociétés postindustrielles, le vieillissement continu de la population, la difficulté de financer des systèmes de santé toujours plus complexes et pointus ; voilà des situations certes paradoxales, mais qui toutes requièrent notre attention.
Comme si cela ne suffisait pas, le monde a été contaminé au cours des derniers mois par deux virus qui se sont répandus particulièrement vite. Vous en avez parlé abondamment aujourd’hui : le premier est cette fameuse grippe H1N1, et je remercie ici l’OMS, dont le siège est à Genève, et sa directrice générale Madame Chang pour leur détermination dans ce dossier. Et l’autre est cette crise financière qui a rapidement grippé l’économie mondiale.
A chaque fois que des menaces planent sur le monde, on assiste à des tendances à la fermeture. C’est un réflexe naturel, depuis la nuit des temps : lorsque l’on a peur, on bâtit un mur. Un mur contre les virus. Un mur contre la concurrence. Un mur contre les migrations.
Mais l’histoire nous enseigne que les murs finissent toujours par provoquer ce qu’ils auraient dû éviter. Le protectionnisme induit le déclin. Quant aux murs physiques, ils aggravent souvent la haine et la violence. Le rôle de l’ONU, de son conseil économique et social, mais aussi de l’OMC, dont le directeur général a participé à vos travaux aujourd’hui, votre rôle est précisément de remplacer ces murs par des liens et par des échanges.
L’histoire de Genève s’est aussi faite grâce à la destruction d’un mur. En détruisant les murailles qui protégeaient la ville depuis le Moyen-Age, Genève a fait il y a 160 ans le pari de l’ouverture. Le pari de la liberté, le pari du commerce, le pari de l’échange et du dialogue. Genève est donc particulièrement fière de pouvoir servir de terre d’accueil à celles et ceux qui, comme vous, s’efforcent aujourd’hui comme hier de tisser des liens là où d’autres dressent des murailles.
Au nom de la République et canton de Genève, mais aussi au nom de la Ville de Genève, je vous souhaite une agréable croisière, et une fructueuse session tout au long de ce mois de juillet.
François LONGCHAMP

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