Les drapeaux suisses s’affichent ce soir fièrement. Cela est d’autant plus heureux que c’est à Genève, et non à Schwytz comme beaucoup le pensent, que la croix blanche sur fond rouge a trouvé son origine. C’est en effet un genevois, le général Henri-Guillaume Dufour qui a défendu le premier l’idée d’un drapeau fédéral pour la Suisse, idée qui fut consacrée par la Constitution de 1848 et à laquelle l’Assemblée fédérale, en 1889, donnera sa forme définitive. Nous marquons, par notre présence ce soir à la campagne Charnaux, notre attachement à notre patrie, qu’elle soit d’origine ou d’adoption, dans l’une des plus grandes communes du canton, où cohabitent harmonieusement une centaine de nationalités différentes. Merci à tous d’être ici pour en témoigner.

Que peut encore représenter, sur une planète si vaste, ce drapeau rouge à croix blanche ? De quel poids pèse-t-il face à la mondialisation ? Dans un monde de plus en plus rétréci, mobile et indistinct, être suisse, être genevois ou être meyrinois signifie-t-il encore quelque chose ? siècle, l’idée d’une bannière pour toute la Suisse afin d’inciter les cantons à la fraternité et à la solidarité.
En clair, appartenir à une patrie a-t-il encore un sens ?
Je crois profondément que oui. Dans un monde rongé par la solitude et l’isolement, et parce que l’homme, comme l’affirmait Aristote, est un animal social, nous avons tous besoin de croire en des valeurs communes.
J’ai déjà eu la chance, dans ma vie, de parcourir le monde, visiter des pays sur tous les continents et rencontrer une foultitude de gens de tous horizons, cultures et religions.
Mais je ne crois pas pour autant au nomadisme et aux déracinements permanents. Il faut aimer le lieu où l’on habite, adhérer à ses traditions, respecter ses coutumes. On peut planter ses racines n’importe où, mais on ne peut pas vivre sans racine. Je crois que notre société est malade de ses transhumances, de ces gens qui habitent ici et ailleurs, qui n’ont plus de lien avec rien ni personne, et pour qui les institutions n’ont aucune signification.
Et je crois précisément que c’est parce que le monde s’ouvre et que les frontières s’estompent que nous ressentons de plus en plus le besoin d’appartenir à une patrie et de préserver nos racines.
Oui, nous aimons la terre sur laquelle nous vivons. Et aimer notre canton ne nous amène pas à mépriser le reste de notre pays. Et l’amour de la Suisse ne doit pas nous conduire à la haine ou à la peur des autres. août, c’est d’abord notre lien avec notre terre, Genève et notre patrie, la Suisse.

Un repère, c’est par exemple savoir que si l’on commet des crimes ou des délits, on doit en subir les conséquences. août, c’est aussi ces repères qui nous sont nécessaires, car ils véhiculent les valeurs qui nous sont communes.
Un repère, c’est veiller à ce chacun trouve sa place, qu’elle que soit son origine, son statut social, ses talents ou ses difficultés, et c’est un monde où l’on consacre le goût de l’effort et du travail.
Un repère, c’est veiller à ne pas dépenser plus d’argent qu’on en gagne ou que l’on est mesure de rembourser, car un monde qui n’a à la bouche que les mots cartes de crédit, voitures en leasing, dette publique, subprimes, parachutes dorés, bonus et stock options est une communauté sans finalité.
Un repère, c’est aussi reconnaître que notre devise nationale « un pour tous, tous pour un » nous impose aussi certains devoirs de solidarité à l’endroit des personnes plus âgées, des chômeurs, des personnes handicapées ou des plus faibles.
Un repère, c’est enfin être attachés aux valeurs républicaines que nous avons librement choisies de faire nôtres et qui de ce fait ne sont pas négociables. Elles ont pour nom l’égalité des chances, l’égalité entre hommes et femmes, la justice, la laïcité ou la démocratie.
Ces repères, ces valeurs qu’ils véhiculent, sont le fruit d’une volonté: celles des hommes et des femmes qui se sont battus pour elles, depuis 718 années. Nous devons constamment nous rappeler que rien n’est jamais acquis. A vous les plus jeunes, je vous dis que seule votre volonté perpétuera ces valeurs et seul votre travail et votre engagement permettront à notre pays de rester une terre de progrès.
Notre pays est le garant de nos traditions et de nos repères. Ils nous protègent contre l’oubli de ce que l’on est. Car une société sans mémoire est aussi une société sans avenir.
Vive Meyrin ! Vive Genève ! Et vive la Suisse!

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