Discours prononcé par François Longchamp, président du Conseil d’Etat, lors de la commémoration de la Restauration le jeudi 31 décembre 2009

 


Nous commémorons aujourd’hui la Restauration de l’indépendance genevoise. A la fin du 18e siècle, Genève était devenue le chef lieu d’une circonscription française : le département du Léman, fruit de la volonté de Napoléon. 15 ans plus tard, ses défaites militaires entraîneront d’abord le retour de l’indépendance de Genève, puis notre choix de rejoindre la Confédération suisse. La Restauration, c’est aussi le début d’une période particulièrement faste de l’histoire genevoise. En quatre décennies à peine, Genève choisira ainsi et successivement l’indépendance, puis la Suisse, puis, avec la révolution de 1846, la démocratie, condition essentielle de sa prospérité et de son rayonnement.

Au-delà du témoignage d’événements déterminants de notre passé, les commémorations historiques nous rappellent que nous avons tous besoin de repères pour avancer. En ces temps d’incertitude et plus encore qu’à l’habitude, dans un monde rongé par la solitude et l’isolement, et parce que l’homme, comme l’affirmait Aristote, est un animal social, nous avons tous besoin de croire en des valeurs. Et dans un monde où tout semble de plus en plus volatile, jamais nous n’avons eu autant besoin de préserver nos racines.

Des repères et des racines : c’est là le sens de la commémoration de ce matin. La cérémonie de la Restauration célèbre d’abord un lien avec notre terre, Genève et notre patrie, la Suisse. Depuis que le monde est monde, aimer sa patrie, aimer sa terre, aimer les siens est le désir le plus ardent de tout être humain.

On peut aimer parcourir le monde et aller à la conquête de nouveaux horizons, sans pour autant croire au nomadisme et aux déracinements permanents. Il faut aimer le lieu où l’on habite, adhérer à ses traditions, respecter ses coutumes. On peut planter ses racines n’importe où, mais on ne peut pas vivre sans racine. Je crois que notre société est malade de ses transhumances, de ces gens qui habitent ici et ailleurs, qui n’ont plus de lien avec rien ni personne, et pour qui les institutions n’ont aucune signification.

Oui, nous aimons la terre sur laquelle nous vivons. Et aimer notre canton ne nous amène pas à mépriser le reste de notre pays. Et l’amour de la Suisse ne doit pas nous conduire à la haine ou à la peur des autres.

 

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