Discours devant le Parti radical vaudois

Mesdames et Messieurs, chers amis radicaux, C’est un plaisir tout particulier pour moi de venir vous présenter mes voeux ce soir, à quelques semaines d’élections municipales importantes dans le canton de Vaud.
Nous le savons tous ici : pour nous radicaux, ces élections seront capitales. Dans une situation politique difficile, elles détermineront notre capacité à influer, demain, sur le destin politique du canton de Vaud et de ses communes. Nous savons aussi que ces élections seront difficiles, car le climat politique n’est pas, dit-on, favorable aux radicaux et à celles et ceux qui portent leurs idées.
Mesdames et Messieurs, chers amis radicaux,
Permettez-moi de vous le dire clairement: je n’en crois rien. Et permettez-moi la prétention de penser que jamais les radicaux n’ont été aussi nécessaire au pays et à l’équilibre de ses citoyennes et citoyens. Car aujourd’hui, la politique se réduit, si l’on en croit ce qu’en retiennent les médias, à bien peu de choses.
Quand j’observe la scène politique fédérale, j’observe que le discours dominant se réduit désormais un laïus conservateur de plus en plus effarant. A droite, l’UDC glorifie le mythe nostalgique d’une Suisse du siècle passé à l’écart des mouvements du monde et protégée de ses fléaux. Malheureusement, c’était la Suisse d’hier et celle qui nous intéresse désormais est la Suisse de demain. A gauche, quelques rares voix mises à part, les socialistes nient eux aussi les réalités qui les entourent, tout occupés à protéger les « acquis » au prix d’une propension compulsive à l’explosion de la dépense publique. Et la conséquence est toute tracée : si rien n’est fait, la Suisse détiendra sous peu le double record européen des impôts les plus élevés et de la croissance la plus faible.
J’aime trop mon pays pour le voir réduit à si peu d’audace. Et c’est pourquoi j’appelle les radicaux, vaudois, genevois, romands, suisses, à l’audace.
Je viens d’un canton, Genève, où l’on nous disait moribonds il y a encore deux ans. Au fond du trou, réduit à plus grand chose, sans relais gouvernemental dans les principaux exécutifs du canton, nos adversaires faisaient déjà sans nous.
Avec une équipe formidable, avec des femmes et des hommes de volonté, nous avons alors précisément choisi l’audace : celle d’y croire. Nous avons refusé de voir la longue histoire du parti radical se réduire à un lent et long déclin. Nous avons rajeuni notre parti, renouvelé ses cadres, modifié notre discours, modernisé notre communication, occupé les médias. Et nous avons surtout décidé de faire de la politique, tout simplement.
Mesdames et Messieurs, chers amis radicaux,
Il s’agit, pour nous radicaux, de nous souvenir de l’essentiel. Faire de la politique, ce n’est pas seulement gérer les affaires publiques. C’est aussi, et surtout, proposer des idées au service d’une vision de la société et proposer les hommes et les femmes pour les incarner. Et c’est être unis.
Certains, jusque dans nos propres milieux, semblent fatigués de faire de la politique, au point de n’avoir plus d’idée ou au point de penser que notre monde est devenu tellement parfait qu’il n’y a plus rien à proposer. ^
A ces esprits épuisés, je dis une chose : arrêtez de faire de la politique, car jamais notre pays et notre région n’ont autant eu besoin d’idées nouvelles et de projets audacieux. Mille problèmes se posent à nous qui attendent nos solutions.
Notre école, qui doit retrouver une crédibilité parfois émoussée. Notre système de formation qui doit préparer nos jeunes à affronter un monde professionnel de plus en plus dur, complexe et concurrentiel.
Notre système de sécurité sociale, imaginé en période de haute conjoncture et qui ne nous a jamais autant coûté qu point que nous n’arrivons plus à le financer mains qui laisse paradoxalement trop de gens au bord de la route.
Et que dire de notre organisation politique, pensée au 19e siècle, qui doit être rénovée, retravaillée. Oui, la Suisse doit réinventer un modèle fédéraliste plus conforme aux réalités d’aujourd’hui. Oui, la Suisse doit se rappeler qu’elle doit l’essentiel de ses richesses à ses échanges commerciaux avec l’étranger et que sa politique extérieure actuelle la mène dans une impasse.
Quand je vois à quoi est réduit notre politique européenne, si tant est que nous en ayons définitivement vraiment une, je vous le dis à tous, chers amis, et pas seulement parce que nous sommes ici entre radicaux et que je suis ce soir en terre vaudoise : Jean-Pascal Delamuraz, l’un des plus grands conseiller fédéral de son siècle, manque à la Suisse encore plus cruellement que nous l’imaginons.
Mesdames, Messieurs, chers Amis radicaux,
A quelques semaines de vos élections communales, il me reste une chose à vous dire. Soyez audacieux et soyez novateurs. Jamais nos électeurs n’ont autant désiré que nous le soyons. Et ayez confiance en vous.
Bonne chance !
Vive le parti radical ! Vive le canton de Vaud ! Vive la Suisse !

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